mardi 2 avril 2019

Kandy et retour à Colombo

Lundi 6 août

Hello !

Ce matin-là, on a déjeuné tranquillement sur la terrasse de l’auberge, en discutant avec un couple de Belges fraichement arrivés au Sri Lanka. Les singes, qui sautaient avec ardeur entre les arbres, formaient la trame de fond!

Une fois prêts, on est partis explorer un peu plus en profondeur Kandy. Près du lac, devinez qui on a revu? Eh oui : le gars de la veille, qui avait essayé de nous emmener à un hôtel et qui nous avait fait sentir mal ensuite en nous disant « qu’il voulait juste nous aider » quand on avait refusé de le suivre. Il était cette fois bien occupé à demander à d’autres touristes « Hello, are you looking for a hotel? » et ne nous a même pas reconnus quand on est passé près de lui. On avait donc eu raison de se méfier : c’était donc vraiment un rabatteur! Et dire qu’on s’était sentis mal la veille!

On a visité les dédales du coloré marché public, où Marie-Pascale s’est acheté un avocat et où on a marchandé des épices à curry qui sentaient délicieusement bon. Puis, on a traversé la rue vers la gare de bus locaux. On s’est fait suivre trop longtemps pour que ce soit agréable par un gars vraiment bizarre avec des yeux fous, puis on a heureusement trouvé le bon véhicule. Ouf! Direction le jardin botanique de Kandy! Ce must d’une visite dans la région n’est situé qu’à quelques kilomètres en banlieue de la ville, en suivant la route principale. C’était sans compter la circulation infernale qui y régnait! On a dû mettre 30 minutes pour faire même pas 7-8 kilomètres haha!

Le magnifique jardin botanique royal de Kandy est un endroit paisible et très plaisant, initialement créé par les Britanniques au début des années 1800. On y trouve une palmeraie, de grands arbres, de nombreuses serres, du bambou… et un amusant « jardin de gazons ». Vous pensiez que la pelouse était uniforme? Détrompez-vous haha! Cela dit, le clou de la visite de cet endroit n’appartient pas à l’ordre des végétaux. Les grands palmiers sont en effet un endroit idéal pour... les chauves-souris géantes. D’immenses colonies de ces mammifères frugivores nichent en effet au sommet de ces arbres de jour, d’où ils quittent la nuit pour se nourrir. Et leur taille est impressionnante : c’est l’une des espèces de chauves-souris les plus grandes au monde! Ailes déployées, elles peuvent atteindre un mètre d’envergure!

Outre les chauves-souris, le jardin botanique accueille aussi plein de singes pas du tout  craintifs, qui arpentent la pelouse à la recherche de quelque chose à manger. Les enfants s’en donnaient à cœur joie en pourchassant inconsciemment les singes, qui, heureusement, ne semblaient pas trop s’en formaliser!

Un mot enfin sur une tactique originale pour obtenir de l’argent des touristes! Alors qu’on marchait dans une allée, un employé nous a fait signe et nous a montré un bébé chauve-souris qui nichait dans un petit arbre tout près. Tout seul loin de ses congénères, ce petit animal visiblement désorienté avait tout l’air d’avoir été mis là juste pour les touristes… Évidemment, le gars nous a vite demandé en souriant, mi-sérieux, de lui donner de l’argent pour nous avoir pointé ce spécimen. Tandis qu’on refusait poliment, il a changé de tactique : « Do you have Canadian money? For my collection? » Euh… quoi? Haha alors celle-là, c’était la première fois qu’on nous la servait!

On a ensuite repris le bus public vers le centre-ville, pour un trajet cette fois un peu plus rapide que l’aller. On a récupéré nos gros sacs à l’auberge, dit au revoir aux singes qui sautaient toujours de plus belle (et au chien-moppe qui jappait de tout son soûl contre eux) et on est partis. On avait juste le temps de manger. Malheureusement, pas de chance, on est tombés sur un genre de cafétéria pas très bonne, où les plats étaient froids et vraiment trop épicés pour Mémé. Il fallait bien qu’on tombe sur un citron au moins une fois lors de notre séjour! On a compensé en achetant quelques collations dans une boutique, avant de se diriger vers la gare. Sur le quai, le moral de Marie-Pascale ne s’est pas amélioré quand elle s’est rendue compte que son avocat avait vraiment mauvais goût. Décidément, ça n’allait pas côté bouffe! Remarquez, c’est peut-être pour ça qu’on ne mange jamais d’avocats produits au Sri Lanka!

Notre dernier trajet en train nous ramènerait à Colombo en quelques heures. Évidemment, les wagons étaient encore et toujours bondés, mais on a à nouveau réussi à se trouver des places pas trop loin des portes afin d’admirer le paysage. Ce fût l’occasion de dire adieu aux collines, champs de thé et forêts de la magnifique région des Central Highlands, alors que le trajet à flanc de montagne nous donnait une dernière fois l’opportunité de réaliser à quel point cette partie du monde est superbe. Dans le train, on a sympathisé avec quelques passagers avant d’arriver finalement à la gare de Colombo Fort en début de soirée.

De retour dans l’animation anarchique de Pettah, on a fait notre chemin à travers les vendeurs de breloques sur le trottoir pour aboutir dans un boui-boui recommandé par le Lonely Planet. Le délicieux rice and curry qu’on y a mangé a compensé largement pour notre décevant dîner, et les Elephant Ginger Beer étaient bien désaltérantes dans la chaleur torride de la ville. Quand Marie-Pascale a demandé au patron si elle pouvait  garder l’une des jolies bouteilles vides, le proprio a pris le temps de prendre cette cause inusitée en délibéré avant de lui annoncer en souriant que ça lui convenait à titre de souvenir du Sri Lanka. Haha! (MP : yééé!)

Notre avion partait à minuit, et il nous restait quelques heures à tuer. On en a donc profité pour retourner prendre un thé chez Dilmah! Cette adresse agréable, dans la partie coloniale de Colombo, a décidément été un coup de cœur de notre séjour dans la capitale! Toute bonne chose ayant une fin, on a quitté en tuk-tuk vers l’arrêt des bus pour l’aéroport dans le quartier de Pettah. On nous avait dit que ça prenait environ une heure se rendre au terminal : parfait, on avait 3h devant nous. On serait là 2h d’avance! Eh boy. D’abord, on a attendu vraiiiiment longtemps que le bus parte : il attendait d’être un peu plus plein et les passagers entraient au compte-goutte. Au bout d’un long moment, le véhicule s’est enfin ébranlé. Rapidement, par contre, c’est devenu hyper-méga-bondé! On était très heureux d’avoir des places assises! Par contre, on n’échapperait pas à la longue et monotone plainte déprimante qui faisait office de musique diffusée dans le bus. Le vidéo clip qui l’accompagnait était à l’avenant et tout aussi mauvais. Pire musique haha!

Il y a une autoroute toute neuve qui se rend à l’aéroport, mais évidemment le bus ne l’empruntait pas. Au contraire, il roulait sur la vieille route côtière encombrée, en s’arrêtant sans arrêt. L’apothéose de ce très lent voyage fut quand l’autobus s’est arrêté à la station service pour mettre de l’essence! Enfin, après ce qui a semblé être une éternité, on est arrivés à l’aéroport. Enfin, pas tout à fait : l’autobus nous déposait à l’entrée de la route d’accès à l’aéroport, et pas au terminal! Sérieusement?!?! On a donc dû marcher dans le noir, en bordure de la route passante, vers ce qu’on estimait être la section des départs. Heureusement, un militaire qui gardait un hangar tout près a eu l’amabilité de nous indiquer le bon chemin! Il devait bien se demander ce qu’on faisait là en pleine nuit! Bref, ce qui aurait dû nous prendre 1h en a finalement pris le double!

On a fini par se rendre aux départs, où il y avait bien sûr tout plein de monde! Rendus là,  on était vraiment flush : plus de temps à perdre! Heureusement, notre passage aux douanes fût rapide. Bizarrement, ici, il fallait d’abord passer les douanes puis un premier contrôle de sécurité avant d’aller s’enregistrer pour avoir nos billets. Un écriteau nous indiquait par ailleurs qu’il fallait changer notre argent avant de passer cette première sécurité. Pour notre plus grand plaisir, il fallait malheureusement qu’on s’acquitte de cette formalité car il nous restait une somme conséquente de roupies. Marie-Pascale est alors partie à la course changer le tout et on a enfin passé la sécurité en coup de vent. Il restait maintenant un peu moins d’une heure avant le départ de notre avion quand on s’est présentés au comptoir pour nous enregistrer. Le commis nous a regardé, dubitatif : « Oh, vous êtes vraiment juste! Je fermais l’enregistrement pour le vol… Si vous étiez arrivés 5 minutes plus tard vous n’auriez pas pu embarquer… »

Le fun n’était pas fini, car il fallait maintenant marcher très longtemps dans les couloirs pour enfin arriver à notre porte d’embarquement. Autre procédure étrange, nous devions alors faire une longue file, passer encore la sécurité pour enfin entrer dans une salle d’attente d’où nous ne pouvions pas sortir. Drôle de concept… On a mangé nos émotions en grignotant des collations, et notre appétit n’a même pas faibli à la vue d’un passager chinois qui vidait copieusement ses narines sur le tapis. Soupir…

Enfin, on est entré dans l’avion. Ouf! On était super crasseux du train, mais tellement soulagés d’avoir attrapé notre vol! Encore une fois, une victoire à l’arrachée! Cela dit, Marie-Pascale et moi nous maudissions d’avoir si mal estimé notre temps de déplacement depuis le centre-ville! On avait failli rester cloués au sol!

Le vol de nuit vers Hong Kong fut aussi agréable que possible dans les circonstances : la bouffe de Cathay Pacific était toujours aussi bonne! Par contre, on n’a pas beaucoup dormi et c’est en mode zombie qu’on a attendu notre vol pour Shanghai dans le terminal de Hong Kong. Un vol sans histoire nous a ensuite ramenés à la métropole chinoise, d’où on a poursuivi notre chemin en bus jusque chez moi. Sales et fatigués, voilà qu’on est tombés par hasard, en descendant du bus qui nous ramenait de l’aéroport de Pudong, sur l’une de mes collègues de travail! Dans une ville de 25 millions d’habitants, quelles sont les chances que ça arrive???

Ainsi s’est terminé notre escapade dans ce bien joli coin d’Asie qu’est le Sri Lanka! On espère que vous avez eu autant de plaisir à lire ce blogue que j’en ai eu à l’écrire! Merci encore pour vos commentaires, on adore vous lire! (MP : Merci François!!!)
À très bientôt j’espère!