samedi 9 février 2019

Nuwara Eliyah


Samedi 4 août

Allô! C’est toujours François au clavier!

Ce samedi-là, on était debout tôt parce qu’on devait aller prendre notre train pour Nuwara Eliyah. On a donc pris notre déjeuner pour emporter (merci à la gentille cuisinière de nous avoir fait ces doggy bags), on a dit au revoir à la famille de Québécois et on a chaleureusement remercié Rose, sans contredit l’âme de cette agréable auberge. Puis, on a repris la route avec nos sacs et on s’est rendus à la gare d’Ella à pied.

On se souvient que, sur ce tronçon qui est sans nul doute le plus populaire du Sri Lanka, il nous avait été impossible de réserver des billets d’avance. Arrivés une heure d’avance, nos billets de 2e classe fraîchement achetés en main, on s’est vite dit que ce serait quelque chose d’embarquer dans le train en constatant que le quai était déjà rempli de monde! L’affluence s’est empirée au cours de l’heure qui a suivi, jusqu’à l’arrivée du train. Évidemment, celui-ci était déjà plein à craquer! Ce fut donc la cohue et tout le monde est embarqué tant bien que mal. Par miracle, on s’est retrouvés debout juste devant l’ouverture de la porte entre 2 wagons, ce qui a fait en sorte qu’on pouvait à la fois voir dehors et s’asseoir sur le marchepied! So much win!!

Ce fut le début d’un décidément magnifique trajet en train à travers les collines : on n’a pas de misère à croire le Lonely Planet lorsqu’il affirme qu’il s’agit de l’un des plus beaux périples en train de la planète! La voie serpente à flanc de montagne tout le long, alors qu’on traverse des plantations de thé, de belles forêts de pins et d’eucalyptus, de nombreux tunnels, de petites cascades et des villages assoupis aux jolies gares vieillottes. On ne se lassait pas de la vue! En passant, ici le rituel veut que tous les enfants du train crient lorsqu’on passe des tunnels (et des enfants, il y en avait en masse dans le train, car ils avaient visiblement une sortie scolaire)! Comme il y a des tunnels sans cesse, on finit par avoir les oreilles bien débouchées! Le train gravissant lentement mais sûrement les montagnes (la voie culmine à 1800m près de Horton Plains, à 2 stations de Nuwara Eliyah), il commençait à faire pas mal plus frais. Nous étions loin de la chaleur tropicale des plaines! Propice à la contemplation, le long trajet nous m’a aussi permis de jaser avec une Chinoise et son fils, tous deux, de Shanghai qui venaient au Sri Lanka depuis plusieurs années.

Les enfants sont débarqués en trombe quelques stations avant Nuwara Eliyah, puis on a entamé dans la pluie froide un tronçon plutôt spectaculaire, qui nous permettait de voir deux superbes chutes d’eau au loin! Et enfin, un peu passé midi, on est arrivés à la gare de Nanu Oya. Comme celle-ci est située assez en retrait de la ville de Nuwara Eliyah,  on avait réservé le transport gratuit qui devait nous emmener à notre auberge. Là encore, comme à Colombo, c’était décidément peu clair. Un couple de jeunes Français visiblement aussi perdu que nous errait dans la rue, avant qu’un Sri Lankais ne vienne tous nous aborder : c’était bien lui qui nous emmènerait à notre hébergement! On a donc sympathisé avec les Français à l’occasion du court trajet en minivan. Le gars nous a raconté qu’il faisait un stage en biologie sur les tortues marines quelque part sur la côte est du pays, et qu’il avait beaucoup apprécié son expérience. C’est bien comme stage universitaire, quand même!

Après un dédale de petites allées, voilà que nous étions arrivés à notre bed and breakfast, situé dans la banlieue campagnarde de Nuwara Eliyah. On y a été accueillis en rois par nos hôtes, un couple de quinquagénaires très gentils, qui ont tenu à nous servir un thé et des biscuits! Le thé chaud était bien réconfortant par ce temps maussade et froid : il devait faire entre 10 et 15 degrés! Finis les shorts et les t-shirts : coupes-vent, pantalons et chandails chauds étaient désormais de rigueur! On avait une mignonne chambre avec balcon qui nous donnait une belle vue sur les collines (j’étais particulièrement excité par le balcon haha!)

L’avantage d’avoir choisi de se loger dans les environs de Nuwara Eliyah plutôt que dans la ville même était d’avoir un accès facile à deux attractions locales : Pedro Tea Estate et la chute de Lover’s Leap. On s’est d’abord rendus à pied à la première, en grignotant en passant des genres de samosas aux lentilles. La visite guidée de cette usine de thé, décidément moins ghetto que celle de la veille, a été bien agréable mais un peu moins intéressante que celle qu’on avait faite. Il faut dire qu’on commençait à être des experts en matière de fabrication du thé haha! La visite se terminait par une dégustation de thé dans les beaux locaux vitrés de l’entreprise, qui donnait sur les collines et un petit lac en contrebas. On a partagé notre table avec une gentille famille de Françaises : une mère et ses 2 filles en voyage ensemble au Sri Lanka. La discussion fut particulièrement intéressante pour Marie-Pascale, car les 2 filles travaillaient dans le domaine de la santé en France (elles étaient respectivement infirmière et psychologue). Comme Mémé avait fait un stage à Brest dans le cadre de sa formation de médecine, elle avait aussi pu constater sur place le fonctionnement du système de santé, ce qui a permis d’échanger sur les réalités différentes du Québec et de la France en la matière! Surtout, ça nous a rappelé à quel point les Français sont chanceux en matière de vacances : ils avaient 8 semaines de congé!!

Après cette agréable pause, on a laissé les Françaises pour partir en randonnée. Direction la chute de Lover’s Leap, à travers les plantations de thé! Ce fut une bien belle balade et la chute en tant que telle, haute de 30 mètres, valait le coup d’œil. La légende raconte qu’une histoire d’amour compliquée entre un prince et sa dulcinée s’y est jouée et, qu’au final, le couple, à qui on interdisait qu’ils se fréquentent, a mis un terme tragique à leur histoire en se jetant ensemble du haut de la chute. D’où « Lovers Leap »!

De retour à l’auberge, on s’est reposés un peu avant que je ne réalise en feuilletant le guide qu’il était en plein l’heure d’aller prendre le thé, British-style! On n’a fait ni une ni deux et on a sauté dans un bus public vers Nuwara Eliyah. Nuwara Eliyah est une incongruité toute britannique dans le paysage sri lankais. Les colons, en découvrant cet endroit au début du XIXe siècle, ont immédiatement adopté cette station de montagne dont le climat frais et pluvieux leur rappelait la Grande-Bretagne. C’était aussi l’une des seules régions au Sri Lanka où des légumes et fruits « anglais », tels que la laitue et les fraises, pouvaient être cultivés avec succès, ce qui n’était pas négligeable à l’époque! Nuwara Eliyah est donc devenu un lieu de villégiature prisé, et des villas ont commencé à pousser de part et d’autre de la vallée. Au centre, différents hôtels huppés ont été bâtis autour d’un lac pour accommoder les visiteurs de passage, en plus d’un golf, d’un court de polo et d’un joli parc public (le parc Victoria), l’un des mieux tenus de la colonie. Aujourd’hui encore, ce gros village étendu possède un charme tout britannique. Et quoi de mieux pour se mettre dans l’ambiance que d’aller prendre le  high tea au Grand Hotel?

Nous qui n’en avions jamais fait l’expérience, voilà que, pour un prix très raisonnable, nous étions attablés dans la chic salle à manger/terrasse de ce vieil hôtel devant deux thés délicieux et un assortiment élaboré de petits en-cas et gâteaux servis sur un élégant présentoir étagé! Quel luxe! On est restés au moins 2h à grignoter et à siroter nos thés (eau chaude à volonté!) en bavardant. On a recroisé les 3 Françaises venues visiter l’hôtel, ce qu’on a fait par la suite. Vous savez la scène au début de l’album Tintin au Tibet, où Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol sont en vacances à l’hôtel dans les montagnes, et qu’ils passent leurs journées à lire, à grignoter et à se reposer avec les autres pensionnaires (avant de déranger tout le monde avec un « Tchang!!! » retentissant)? Eh bien ce genre de séjour de villégiature à l’ancienne est exactement l’impression qu’on avait en sirotant notre thé au Grand Hotel!

Toute bonne chose ayant une fin, on a éventuellement quitté à regret le bel hôtel. En sortant, il pleuvotait et il faisait déjà noir. Sans éclairage public, il fallait faire attention sur la sinueuse route qui ceinture le parc Victoria! On a marché un peu avant d’échouer au centre-ville, où on a partagé un genre de kottu aux saucisses dans une gargotte (eh oui, on avait encore faim!) Puis, il a bien fallu rentrer vers notre auberge. Après une bonne attente, on désespérait de trouver des bus qui nous ramèneraient en campagne. Au moment où on s’apprêtait à jeter la serviette et à affréter un tuk-tuk, miracle, un bus s’arrête! Notre arrivée dans cet autobus bondé a fait sensation : malgré une genre d’engueulade intense entre certains passagers weirds dans le bus, de vieux monsieurs super fins à l’avant étaient hyper heureux de nous demander, dans un anglais hésitant, d’où on venait et si on aimait le Sri Lanka! Évidemment, ils se sont aussi mis en quatre pour nous aider à débarquer au bon endroit. On aurait peut-être été un peu inquiets pour notre sécurité dans ce genre de situation (bus avec des individus louches, la nuit) dans d’autres pays mais pas ici, et certainement pas quand on est sous la protection de vénérables et respectés grands-pères haha!

On a dormi du sommeil du juste à notre arrivée à l’auberge, malgré l’heure relativement peu tardive. Il le fallait bien, car on serait debout aux aurores (encore!) le lendemain!

La fin du monde et des bonbons dans la prochaine entrée de blogue! Ne ratez pas ça! J

2 commentaires:

  1. Enfin la légende pour accompagner la photo reçue le 4 août, merci!K

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  2. Je suis toujours suspendue...

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