dimanche 13 janvier 2019

En route vers Tangalla


Lundi 30 juillet

Hello!

Il faisait toujours aussi beau ce matin-là, ce qui nous a permis de déjeuner tranquillement sur le petit balcon! Il faut dire que la salle à manger avait été réquisitionnée par le groupe de mamies chinoises en voyage et que le couple de grands-parents regardait d’un air incertain (« ils parlent fort! »). Au menu, à nouveau un déjeuner sri lankais, avec des « hoppers » cette fois (des genre de crêpes avec des œufs) et des galettes de lentilles piquantes. Et bien sûr, du thé avec un nuage de lait!

Rassasiés, on a fait nos adieux à l’auberge et on est sortis de la vieille ville pour se rendre à la chaotique gare de bus. Objectifs de la journée : se rendre ultimement à la plage de Tangalla, à quelques heures de là. Mais avant, direction Unawatuna!

Après un court trajet de bus bondé (et chaud, car les bus ne sont pas climatisés), on a fini par débarquer un quart d’heure plus tard à Unawatuna, une petite station balnéaire de l’autre côté de la baie de Galle. C’était l’affluence en sortant : il y avait plein de monde dans la rue! Cela dit, c’était surtout affreusement bruyant! En effet, pour une raison mystérieuse, des hauts-parleurs diffusaient partout en ville une mélopée de style « muezzin », et ce, sans interruption! On a fini par apprendre que c’était une fête bouddhiste, ce qui expliquait à la fois la foule et les chants religieux un peu désagréables!
On s’est arrêtés pour acheter de l’eau dans une boutique. « 80 roupies » nous a dit le vieux proprio, avant de partir. Le temps que je sorte mon argent, il avait été remplacé par un homme plus jeune, probablement le fils du premier. « Vous voulez quoi? » de nous demander celui-ci, qui n’avait visiblement pas entendu notre premier échange. « Euh… une bouteille d’eau SVP. » « 100 roupies ». « Ah? Mais on vient de nous dire que c’était 80? » Sur les entrefaits, le père était revenu dans la boutique et regardait son fils d’un air sévère. « Oh, il a dit 80, OK, OK » de répondre le fils d’un air contrit en croisant le regard de son père. C’était cocasse!

Unawatuna est une ville de plage, avec des gros resorts tassés l’un contre l’autre : bref, précisément ce que l’on n’aime pas! Nous étions ici dans un autre but : se rendre à pied à Jungle Beach, une plage plus privée de l’autre côté d’une petite colline. À défaut d’être bien indiquée, la randonnée à l’aller était très agréable, le long de petites routes puis de sentiers qui s’enfonçaient dans la jungle avant d’aboutir sur la côte. Il faisait très chaud avec nos sacs par contre! On était d’ailleurs ravis d’arriver à un cap rocheux où soufflait un bon vent! On avait un très beau point de vue à cet endroit sur Galle, juste en face, et sur l’océan dont les grosses vagues venaient se briser sur les rochers à cet endroit! De là, il n’y avait que 5 minutes à faire jusqu’à Jungle Beach, où on a fait une pause. L’endroit était bien sans être extraordinaire, mais c’est plus le chemin qui valait la peine que la destination!

Sur le chemin du retour, on s’est d’abord arrêté à une pagode un peu spéciale. D’une blancheur immaculée, elle avait été bâtie il y a une dizaine d’années par une ONG bouddhiste japonaise qui se spécialise dans la construction de monuments religieux dans des zones de guerre, pour en appeler à la paix. Celle-ci se veut aussi un monument aux morts du tsunami de 2004. On a ensuite suivi la route (une autre que celle de l’aller) pour revenir jusqu’à ce que… ben… l’étroit chemin s’arrête subitement en pleine jungle. Bon. On fait quoi, on rebrousse chemin?  Il devait bien y avoir moyen de passer! On a demandé à une dame qui vivait dans la maison voisine comment faire pour revenir à Unawatuna et elle nous a tout simplement dit de couper par le sentier qui courrait sur le terrain voisin. On a abouti comme ça de sentier en sentier et de cabane en petite maison; à chaque fois des Sri lankais nous indiquaient le chemin (« Yes sir, this is the way to Unawatuna! ») Au détour d’une petite gorge de ce qui devait être un ruisseau en période de crue, on a vu nos premiers monstres préhistoriques : d’immenses iguanes qui détalaient dans les sous-bois dès qu’ils nous voyaient!

Au final, le retour par les petits sentiers de la jungle fut encore plus agréable que l’aller! Par contre, on allait bien se liquéfier tellement on avait chaud sous le soleil de midi, dans un milieu humide et sans vent comme ça! C’est pour ça que, dès notre retour triomphal à Unawatuna, on en a profité pour s’asseoir et recharger nos batteries (boire et manger) dans un petit resto. Les nouilles et le nasigoreng (un plat indonésien de riz frit assez commun au Sri Lanka) étaient bien bons et parvenaient presque à effacer le vacarme que faisait encore et toujours le muezzin bouddhiste en arrière-plan!

De retour à la grande route, on a ensuite flaggé un bus vers Tangalla, où on espérait arriver vers la fin de la journée. Le bus était tellement plein qu’on a dû rester debout un bon moment, tout en se régalant de vidéoclips de musique indienne avec le volume à fond! Je pense que ça vaut la peine qu’on vous parle des bus car, ici, à défaut d’être confortables, ils en mettent assurément plein la vue! Énormes télévisions avec DVD jouant des concerts de musique indienne en boucle, néons multicolores, peinture criarde, inscriptions stylisées, autels et représentations de Bouddha lumineuses… rien n’est trop beau pour les chauffeurs qui, décidément, mettent beaucoup d’amour pour faire de leurs vieux autobus manuels des œuvres d’art! Et une fois sur la route, bienvenue au Far West : les chauffeurs roulent à toute vitesse en jouant du klaxon (modifié) à tout vent et en dépassant dans les pires moments en flashant leurs lumières! On a déjà vécu ça ailleurs alors on connait la musique, mais disons que ce n’est pas de tout repos haha!

On a roulé comme ça pendant un bon moment, en s’arrêtant à chaque petit village de plage. La côte est ici parsemée de plages superbes! Au bout d’un certain temps, une place s’est libérée et Mémé est allée s’y asseoir. Pas de chance, le monsieur juste à côté d’elle s’est mis à vomir dans un sac, suivi peu après par son petit-fils! Disons qu’elle a finalement choisi de se relever (MP : Juste assez longtemps après qu’ils aient vomi pour que ce ne soit pas impoli, mais le moment où des petites gouttes de vomi sortaient de son sac plastique mince et coulaient sur la chemise du papi a été un bon déclencheur pour mon mouvement vers ailleurs…!)

Enfin, 2h30 plus tard, le chauffeur nous débarquait entre deux rizières au milieu de rien, un peu passé le village de Tangalla. Mes oreilles ont immédiatement apprécié le calme (relatif) de la grande route, après avoir été surstimulées par de la musique indienne pendant si longtemps!

Rendus là, on avait une vague idée de la manière par laquelle on devait se rendre vers le petit resort qu’on avait réservé pour les 2 prochaines nuits. Heureusement, Marie-Pascale « organisation » Messier Harbec avait sauvegardé la carte des chemins de terre sur son Ipad et on a donc pu trouver notre chemin dans le dédale de petites allées pour se rendre! Évidemment, rien n’était indiqué ou à peu près, mais, tout au bout, après une mangrove, se trouvait bel et bien notre resort : le bien-nommé Mangrove Cabanas!

Et quel resort! On avait notre propre petit bungalow dans le jardin, à deux pas de la mer! Le resto, à aire ouverte, donnait directement sur la plage, où venaient s’échouer dans un fracas apaisant des vagues énormes. Mais le plus beau dans tout ça, c’est qu’on était tout au bout de la section habitée de l’immense plage de Tangalla! C’est-à-dire qu’à notre gauche, pour des kilomètres, il n’y avait rien ni personne, hormis des palmiers, du sable et des vagues! Tsé le paradis tropical qu’on s’imagine, loin des foules? Ben on y était!

Une fois installés dans cet endroit hyper invitant, le gentil proprio nous a offert des jus de fruits de bienvenue, qu’on a siroté alors que le jour tombait. Il y a pire quand même! On a soupé en amoureux sur place, à la lumière de la chandelle. Seuls nous ont interrompus les silences un peu malaisants du proprio lorsqu’il nous posait des questions et les gémissements de Mémé lorsqu’elle a découvert que son deviled chicken était vraiment très, très piquant! Haha! (MP : J’ai failli mourir !! Haha non je suis juste moumoune. J’avais demandé « not spicy » en plus…)

On a terminé la soirée en s’allongeant sur une chaise longue pour regarder les étoiles, tout seuls sur la plage. Enfin, on était presque seuls si on exclut les bernard-l’hermites qui tentaient gauchement de se mouvoir sur le sable! La belle vie!

À bientôt!

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